Un OAD, qu’est-ce-que c’est ? A quoi ça sert ?
Un outil d’aide à la décision est, comme son nom l’indique, un outil permettant de soutenir l’agriculteur dans les décisions stratégiques pour son exploitation. Les OAD apportent une aide pour la gestion des traitements phytosanitaires en prenant en compte tous les paramètres influant sur le développement des maladies.
En théorie, un tel outil permet de:
- anticiper pour mieux organiser ses travaux
- réduire ses intrants grâce au soutien des modèles pour réduire les doses ou le nombre de traitements
- respecter la réglementation au niveau de son calendrier de traitements
Concrètement, les OAD sont tous disponibles avec un accès internet et éventuellement un abonnement via une page web sur ordinateur et/ou une application pour smartphone/tablette.
La sortie principale d’un OAD est le besoin ou non de traiter son vignoble contre telle ou telle cible à partir des informations suivantes :
- les conditions météorologiques (prévisions et relevés réels ou virtuels) d’après un modèle météo pour les prévisions et une station physique ou virtuelle pour les données passées,
- la sensibilité de la vigne d’après son stade phénologique calculé grâce aux données météorologiques et à un modèle biologique,
- le risque de développement de pathogène de la vigne (mildiou, oïdium voire black rot, botrytis ou même ravageurs) grâce à des modèles épidémiologiques spécifiques reliés aux données météorologiques,
- Optionnel : la rémanence du traitement précédent issue d’une base de données produits dans l’OAD et/ou l’expertise de l’utilisateur en fonction des données météorologiques.
Attention, l’utilisateur reste le décideur final, l’OAD n’est qu’une aide, un outil parmi les autres !
Choisir l’outil qui correspond à vos besoins
Les outils d’aide à la décision sont devenus des incontournables dans l’agriculture moderne et la viticulture n’est pas en reste. Tous sont différents et, hors le prix de l’abonnement (oscillant entre 75 et 350 euros/an), le choix de l’OAD qui vous correspond se fait à travers les fonctionnalités qu’il propose et de ce que vous recherchez. Le plus cher ne sera donc pas forcément le meilleur selon l’utilisateur.
Les questions clés à se poser :
- Quel est mon budget maximum ?
- Ai-je une station météorologique physique ?
- Si oui, de quelle société ?
- Ai-je besoin de différencier des îlots voire des parcelles ?
- Le fait d’avoir une application téléphone est-il indispensable ?
- Ai-je besoin d’avoir des modèles en plus de ceux mildiou et oïdium ?
Les limites des OAD
Les OAD peuvent être des soutiens précieux dans la prise de décision. Cependant, ils ne doivent pas être suivis aveuglément et l’utilisateur doit comprendre les limites et points de vigilances pour chaque entrée des modèles.
Les données météorologiques
Elles sont la base de toute la modélisation puisque le développement des maladies mais aussi de la vigne est dépendant des conditions météorologiques. Nous divisons cette entrée en deux catégories :
Les données passées
Elles peuvent être issues d’une station météorologique physique sur l’exploitation ou d’une météo radar selon un maillage plus ou moins restreint. Dans les deux cas, les relevés peuvent être erronés et fausser les prédictions de risques.
Station physique :
- je pense à faire tous les contrôles et réparations au moins une fois par an avant le début de la saison
- je vérifie de temps en temps que la station n’est pas bouchée
- je place un pluviomètre au niveau d’une parcelle éloignée de la station ou dans des couloirs d’orages
Station virtuelle :
- je place un pluviomètre au niveau de mon exploitation
- je rectifie régulièrement mon OAD en cas d’écart de précipitations
Les données futures
Elles sont issues de divers modèles météo. Ces données restent les plus problématiques par leur manque de fiabilité, notamment au printemps et en été où les orages sont fréquents et difficilement prévisibles.
> Je n’hésite pas à tester les modèles en modifiant les précipitations pour les jours à venir et ainsi éviter les trop grandes prises de risques.
La sensibilité de la parcelle
Si la biologique des pathogènes est dépendante de la température, hygrométrie et pluviométrie, les contaminations sont conditionnées par la réceptivité de la vigne. Cette sensibilité fluctue en fonction de nombreux paramètres qu’il faut préciser et mettre à jour dans l’OAD pour des prédictions au plus juste :
- le cépage conditionnant la sensibilité naturelle,
- la sensibilité intrinsèque de la parcelle d’après la connaissance de l’historique de chaque pathogène,
- le stade phénologique devant être absolument calé au moment du débourrement puis être surveillé et corrigé tout au long de la saison,
- l’état sanitaire observé régulièrement, surtout pour les OAD modélisant les contaminations secondaires.
Comment utiliser au mieux votre OAD ?
Avant la saison phyto :
- je prends le temps de prendre en main mon OAD voire je pense à demander une formation au fournisseur de l’outil
- je note bien les heures de mise à jour de mon OAD pour être sûr de la validité des informations
- j’entre toutes les données concernant ma parcelle (cépage, sensibilité intrinsèque, point GPS…)
- j’étalonne ma station météo
Pendant la saison phyto :
- Je corrige la date de débourrement
- Je pense à corriger régulièrement le stade phénologique et la pluviométrie en cas d’écarts par rapport à mes observations
- Je note mes traitements phytosanitaires
- Je pense à noter dans mon OAD si l’état sanitaire de ma parcelle se dégrade
Après la saison phyto :
Selon les dégâts de maladie observés et ceux modélisés, j’adapte la sensibilité de ma parcelle si besoin.
Quoi qu’il arrive ces outils ne remplacent pas et ne peuvent pas égaler l’expertise et l’expérience du viticulteur et/ou du conseiller viticole. Ils sont un soutien pour être rassurer sur la prise de décision, notamment pour des impasses ou de diminution drastique des doses.